Nettoyage au gouffre Berger - Vercors

jeudi 10 août 2017
par  Marc PETITEAU

du 4 au 8 août 2017

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Pour la sixième année consécutive, le CDS du Jura a organisé une opération internationale pour poursuivre le nettoyage du gouffre Berger, cavité mythique située sur le plateau de Sornin - commune d’Engins dans le Vercors. Un deuxième camp était ensuite organisé (après le 15 août) à destination des jeunes pour déséquiper la cavité.

Car c’est là un des gros intérêts de pouvoir profiter de l’équipement mis en place au préalable par les organisateurs, mais avec un objectif très noble d’associer les spéléologues au nettoyage de cette cavité somptueuse que nos prédécesseurs ont encombré de débris et détritus de toutes sortes au fil du temps. Pourtant, on pourra constater à chaque “point poubelles” que le volume de ces détritus a considérablement diminué par rapport à notre passage l’an passé à peu près à la même période, comme quoi l’organisation de ces camps est loin d’être inutile.

Après une première descente et découverte en 2016 du Gouffre Berger jusqu’à – 640 m de profondeur (avec Céline, François, Christophe, Marc), nous n’imaginions pas pouvoir revenir de si tôt. Nous avons donc été très joyeux d’apprendre au printemps 2017 qu’un nouveau camp serait organisé en 2017. Tellement heureux d’ailleurs qu’avec Christophe nous avions bêtement laissé passer les inscriptions qui ont été rapidement closes. Comme qui dirait, c’est ballot…

Mais d’autres membres du club plus réactifs se sont inscrits, une chance ! Puis se sont désistés plus tard, pas de chance pour eux, une aubaine pour nous ! Là avec Christophe, on pourra donc se glisser dans le planning général de l’organisation, ouf. Nous voilà donc disposés à rêver à l’idée de descendre encore plus loin que l’an passé.

Le week-end arrive, dans la joie et l’allégresse, sous de fortes chaleurs. Il fait chaud en journée sur le plateau du Vercors mais les nuits restent fraîches. La météo reste au beau fixe, tout se présente à merveille. Finalement nous sommes quatre à descendre, Philippe avec l’objectif de rejoindre la rivière dans les Couffinades vers – 750 m puis de remonter. Léo, Christophe et moi avec l’idée d’aller au fond.

Avant d'arriver au vestiaire vers - 600

Curieusement ce jour-ci, très peu de personnes étaient inscrites sur le planning, trois catalans uniquement (en plus de nous quatre). Sur le chemin d’accès après le parking de la Molière, nous croisons trois jeunes à la mine déconfite qui remontaient (heureux d’avoir été au fond mais bien fracassés …). Nous croiserons également tout un groupe d’espagnols au camp 1 vers -500 qui faisaient une pose avant de poursuivre la remontée. Un autre français sortait également du duvet après un roupillon réparateur avant de sortir.

Pour nous ce sera la première soupe. Notre progression a été plutôt rapide, les puits se sont bien enchaînés, le méandre également (mieux que l’an passé pour ma part). La cavité était étonnement sèche, les piscines du lac Cadoux étaient même pratiquement vides. Finalement nous serons à – 750 m dans les Couffinades, 3h30 environ après être entrés. Mais Léo avait un genou qui le titillait. Il préfère renoncer et décide de remonter avec Philippe.

Du coup nous étions plus que deux avec Christophe avec toujours l’idée de continuer.

Nous enchaînons ensuite dans cette partie du réseau nettement plus technique et resserrée en passant d’une main courante à l’autre, en bataillant pour passer les innombrables nœuds sur des cordes déjà bien fatiguées dans le réseau des Cascades.

Couffinades

L’arrivée sur la cascade Claudine, puis plus loin sur le puits de l’Ouragan restera un grand moment de cette descente. Si loin, si profond et presque seuls dans cette immensité, quelle ambiance !

Finalement les trois catalans, candidats du jour, nous rattraperons aux environs des – 1000 (enfin moins seuls !) mais ils ne s’éterniseront pas. Quel bonheur d’atteindre la jonction avec la rivière de la Fromagère, quelle jolie vasque !

Jonction avec la Fromagère, vers – 1075 m

Le fond (pour nous) n’est plus très loin, on s’arrêtera vers – 1100 m environ, là où il faut se mettre à l’eau et nager avant le pseudo-siphon, mais sans façon. Ça fait déjà près de 6h30 que l’on est dans la cavité, mais on est dans les temps, tout se passe pour le mieux, ça mérite bien un petite soupe bien chaude !

- 1100 m, on s'arrêtera là, pas envie de nager !

Mais bien qu’on ne soit pas dérangé par le monde, il nous faut bien envisager la remontée.

Comme nous l’avait signalé Rémy, il y aurait sans doute pas mal de poubelles amassées au camp des Étranger vers – 1000 et il serait intéressant de les remonter en priorité, a minima vers un niveau supérieur de collecte. Et c’est ce que l’on a fait ! Plusieurs sacs étaient surchargés, nous en avons choisi chacun un adapté à notre physique, c’est à dire pas les plus gros bien sûr…

Mais malgré cela, j’ai sans doute commis à ce moment une erreur d’appréciation, qui va me coûter cher un peu plus haut.

Point de collecte “poubelles”

La remontée jusqu’à la cascade Claudine se passe bien, même si je commence à ressentir un peu plus le froid sous les embruns des grosses cascades (premiers signes avant coureurs…).

Par contre lorsque l’on enchaîne les séries de mains courantes, et autres déviations, là je me suis cramé à une vitesse ahurissante et j’ai rapidement perdu le peu de bras qu’il devait me rester, et fait quelques bains de siège involontaires. A tel point que Christophe m’a même aidé en me prenant mon kit de poubelles (en plus du sien) jusqu’à la sortie des Couffinades (chapeau le garçon !). J’étais vidé !

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Du coup on revoit rapidement nos objectifs en priorisant la sortie jusqu’au vestiaire, sans se faire mal et en se disant qu’on laisserait mon kit au prochain point poubelles, après le vestiaire. J’y vais doucement (un peu trop à mon goût) mais en assurant les passages de nœuds. Finalement nous étions bien contents de sortir des Couffinades car ensuite on sait que la cavité est déjà moins engagée, quoique la marche encore bien longue. On dépose donc mon kit poubelle vers – 600 et Christophe, increvable, continue sans broncher avec le sien. Là je sens bien que la suite risque d’être un peu ... longuette.

En passant au camp 1, on remarque que les catalans se sont arrêtés piquer un roupillon, sans doute une sage décision. Pour notre part, on décide de continuer, tranquillement (pas le choix pour moi …).

Une nouvelle pose bouffe vers – 260 m juste avant d’attaquer la série des puits et des méandres. Là je suis déjà dans un état second, assez proche de la loque, mais bizarrement sans ressentir le besoin de sommeil. Curieuse sensation de vouloir avancer, mais de se retrouver en réalité au rythme de l’escargot paralytique !

- 250 m, dernière pose bouffe, Christophe en pleine forme, Marc en état de décomposition...

Mais pas question de se relâcher, faut rester concentrer et ne pas faire de connerie dans la série des puits. J’aurai quand même droit à un petit coup de chaud dans un tronçon un peu glissant du méandre (là ça me rappelle un peu plus l’an passé au même endroit). Christophe, remarquablement patient, a bien failli s’endormir en haut de plusieurs puits en m’attendant, LABORIEUX ! J’ai même eu l’impression qu’ils avaient ajouté des puits depuis notre entrée, la crise, ça n’en fini plus !

Bref, au final on retrouvera, avec un immense plaisir le soleil du matin vers 9 heures, après 23,5 heures sous terre.

Les équipes du dimanche commençaient à arriver et à s’équiper dans la joie et la bonne humeur. Et moi je me liquéfiais encore un peu plus en pensant à la marche de retour qui nous attendait pour retourner à la voiture, que le sac paraissait lourd, même sans poubelle !!! Par contre Christophe aura réussi à tout ramener à la voiture et au camping à Méaudre, la grande classe ! Un grand merci à lui pour sa patience et son aide, c’était génial. En conclusion, une bien belle sortie dans une cavité absolument fabuleuse, mais qu’il faut réellement aborder avec une grosse dose de forme et d’entraînement pour bien apprécier et se garder un peu de marge. Impossible de l’imaginer avant d’y aller et de passer autant d’heure dans une cavité, mais pour le coup, c’est bon, j’ai compris !

Mais par contre je pense que l’on a globalement bien géré les poses nourriture et que l’on a pas ressenti la moindre fringale. On aura donc évité le pire. Pour ma part, peut être qu’un arrêt sommeil au camp 1 aurait pu être bénéfique ? Mais pas sûr.

On ne saurait trop remercier Rémy et son équipe pour nous avoir permis, une nouvelle fois, de voyager au centre de la terre.

Et ce sont 160 kg de poubelles qui auront été remontés à la surface durant cette première semaine, pas mal non !!!

Enfin au soleil ! Mais pas encore à la voiture...

Les participants : Philippe Bertochio, Léo Flandin, Christophe Boulangeat, Marc Petiteau.

Les photos sont de Christophe Boulangeat.


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