Petites plongées et lac Lignin

lundi 14 août 2017
par  Philippe BERTOCHIO

12 et 13 août 2017

L’agenda est tel cet été que je ne pourrai participer qu’à deux jours du camp "chamois" cet année. Après une diminution vertigineuse des objectifs côté Chamois, nous nous sommes réorientés sur la désobstruction d’une perte prometteuse aux extrêmes amonts, le lac Lignin. Mais avant cela, Philippe Audra m’a trouvé quelques petites sources à plonger pour se mettre en appétit de première !

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La première est une source en aval de Castellane sortant du gypse. L’eau y est saumâtre et le réseau un peu bas de plafond. Mais la caractéristique la plus forte reste l’épaisse couche de boue dans le fond de la rivière qui nous englue et rend pénible chaque pas. Après une petite centaine de mètres de progression, nous passons en mode laminoir dans l’eau puis siphon. Je m’équipe en tentant de conserver mon équipement à l’abri de la boue avant de m’y jeter dedans. Contre courant, la visibilité est bonne, excellente même. En revanche, derrière moi, c’est noir comme de l’encre de sèche.

Les premiers mètres sont en voûte mouillante avant de rencontrer un petit bassin taillé dans la boue qui me fait franchir la surface pour de bon. - 1 m et déjà la fin ! Devant moi s’érige un mur de boue dans lequel sont enfichés des pendeloques qui tombent du plafond. Impossible de passer entre les deux, sauf pour l’eau qui semble glisser comme sur un toboggan. Déception, même si je redoutais déjà de sortir en post-siphon. Dans ces réseaux hypogènes, il faut s’attendre à rencontrer des atmosphères peut compatibles avec nos besoins : fortes concentrations de dioxyde de carbone et sulfure d’hydrogène. On peut même rencontrer du méthane et du monoxyde de carbone. Rien que du bonheur ! Le retour sera aussi rapide que fut longue la séance de nettoyage.

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L’après-midi, devant le joli petit torrent de l’Ivoire nous pique-niquons avant de remettre les combinaisons. Un laminoir exigent nous attend. La source sort sur les deux rives du torrent mais n’est pas pénétrable. Un travail de désobstruction a ouvert un minuscule passage entre les blocs d’une grosse trémie. Le portage du matériel sans trop le brutaliser est à négocier à chaque centimètre. Nous remontons légèrement puis arrivons sur une trémie très instable. Chaque bloc bouge dès que posons une main dessus. Il va pourtant falloir passer une boite aux lettre juste au milieu de ce capharnaüm... Nous tentons de stabiliser tout cela au mieux sans tout faire glisser et boucher le seul passage vers l’eau, deux mètres au-dessous.

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Peine perdue. Je ne passe pas la boite aux lettres. Avec un peu plus de largeur que Philippe Audra et une combinaison néoprène, malgré avoir soufflé tout l’air de mes poumons, mes omoplates ne veulent pas se plier pour me permettre de glisser. Je reste les deux jambes pendantes accroché par la cage thoracique, les cotes écartelées entre le besoin de respirer et l’écrasement des parois. Un grand plaisir ! Finalement, à coups de massette pendant une heure, en nous relayant régulièrement, je pourrai passer et atteindre le départ du siphon, qui sera aussitôt l’arrivée. Une fois allongé dans l’eau, deux mètres devant moi, je n’ai la place de passer qu’un seul pied...

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Même si ces deux plongées n’ont été très payantes, comme souvent sur les explorations de nouveaux secteurs, nous avons découvert des paysages magnifiques qui donnent envie d’y revenir. Les objectifs plongées terminés, nous partons vers la marche d’approche du Lignin. Heureusement, l’agent local de l’ONF nous a accordé l’accès en voiture jusqu’au terminus carrossable car c’est 10 km de pistes que nous nous économisons avec nos lourdes charges. Certains resteront la semaine en autonomie là-haut. Cela représente pas mal de kilogrammes de matériel et nourriture. Cet accès reste pour moi une des plus belles randonnées que je connaisse. Variée, sauvage, un sentier qui ondoie avec les courbes de niveau...

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Nous arrivons la nuit tombante pour monter le camp où nous retrouvons José qui est là depuis plusieurs jours. Nuit fraîche et journée de boulot. Nous sommes à une dizaine de mètres de profondeur depuis le départ du chantier. Le courant d’air est toujours là, présent et seul fil conducteur d’une hypothétique suite pénétrable. Nous passerons la journée à remplir, sortir et vider les sauts de cailloux. Une fois que le soleil passe derrière le sommet du Grand Coyer, je prépare les affaires, salue mes camarades de "jeu" et prends le chemin du retour. A part une attaque de patous, rien à signaler...

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Participants : Alain STAEBLER, Philippe AUDRA, Guy DEMARS, Philippe BERTOCHIO, José LEROY...


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