Camp au vallon d’Âne

mardi 17 juillet 2012
par  Philippe BERTOCHIO

Avec Johana, Céline, Lucie, Titouan, Marc, Eric, François et la présence dimanche de Jean-Louis et Léo Flandin des Voconces de Briançon.

Samedi, départ de Gap en fin de matinée pour nous retrouver au refuge vers midi. Nous faisons une navette voiture pour poser le matériel et ramener ensuite les voitures au parking de bois rond. Marc, Christophe et moi partons pour la combe Ratin alors que Johana, Eric et François arrivent juste. Nous ouvrons la voie. Depuis le refuge, la combe est plus vite atteinte. Nous évitons deux cents mètres de dénivelé et la longue combe de Corne. Une fois les marches de la combe Ratin passées, nous nous dirigeons vers les premiers porches. L’accès est évident. Nous ne comprenons pas comment ces cavités ne sont pas encore topographiées. Sur place, nous nous équipons afin de pouvoir faire autre chose qu’une simple visite.

L'entrée de la baume de la tête de Chau 1 (photo : F. Parrini)

Christophe s’engage le premier. Il nous signale un départ de chaque côté. Celui de droite est bas mais plus large. Je m’y engage. Des dalles tombées du plafond bloquent le passage. Du bout du bras, je fais basculer les blocs les moins gros et force le passage. Pas de doute, c’est déjà de la première. Dix mètres plus loin, nous tenons debout : une trémie devant et une galerie descendante à gauche. Nous descendons et trouvons un rai de lumière au départ d’une vaste galerie. Il s’agit d’une sortie étroite et ébouleuse qui donne dans le porche situé à 30 mètres plus au nord que la première entrée. La grosse galerie donne sur un aval pentu qui se termine par un éboulis qui doit correspondre à l’éboulis de surface.

L'aval (photo : C. Boulangeat)

Nous nous dirigeons ensuite sur les amonts. La progression se fait de grandes salles d’effondrement en passage étroit. Seul dénote dans ce fatras de bloc un méandre qui prend la forme d’un canyon. Mais un premier os se présente. Une trémie haute nous bloque la suite. Il n’y a pas de suite évidente. J’escalade au sommet de cet amoncellement de blocs coincés dans l’étroite diaclase pour découvrir un petit espace entre deux grosses dalles. Je dégage les cailloux qui encombrent l’étroiture et me glisse. La suite est bien là. Encore une succession de gros volumes d’effondrement. Pourtant, la fin est bientôt là. Une cheminée trop haute pour l’escalader en libre et dont la sortie ne semble pas bien large. En ressortant, Marc et Christophe s’engagent dans la galerie laissée à droite. Elle les amène cinquante mètres plus loin au pied de la trémie. La boucle est bouclée... Nous redescendrons alors que François, Johana et Eric nous auront rejoint à l’entrée en balade. Malgré le vent et la température basse pour la saison, nous dînerons tous devant le refuge.

Repas au refuge (photo : F. Parrini)

Dimanche : ce matin Léo et Jean-Louis Flandin du CAF Briançon nous rejoignent. L’objectif essentiel pour tout le monde aujourd’hui, topographie, photographie et poursuite de l’exploration des baumes de Chau 1 et 2. La montée depuis le refuge devient une balade. Seul le franchissement de l’éboulis terminal n’est pas une partie de plaisir. Une fois arrivés sous le porche, nous sommes fraîchement accueillis par le courant d’air. Aussi, nous ne traînons pas pour nous changer. Jean-Louis et Léo furètent à gauche et à droite, Christophe et François font des clichés assistés de Johana et Eric. Avec Marc, je fais le relevé topographique. Les mesures vont bon train mais nous occupent toute la journée.

Le canyon (photo : F. Parrini)

En redescendant, François, Léo et Jean-Louis vont jeter un coup d’œil dans un des porches les plus proches du verrou aval de la combe Ratin. Là encore, un gros courant d’air très froid les surprend. Ils progresseront facilement dans une vaste galerie ébouleuse où une rivière de glace occupe le fond sur une cinquantaine de mètres. Il faudra revenir pour finir l’exploration et la topographie. Rendez-vous est pris pour le samedi suivant puisque ce soir, presque tout le monde retourne dans la civilisation.

Entrée de la baume de la Tête de Chau 2 (photo : F. Parrini)

Lundi : Il ne reste plus que Marc et moi de disponible. Nous décidons de changer de secteur car les objectifs de la combe Ratin nécessitent d’être plus nombreux. Nous souhaitons aussi attendre que François, Léo et Jean-Louis soient disponibles pour retourner à la baume de la combe de Ratin, entrevue la veille. Aussi, nous optons pour une balade prospective dans la dépression glacière entre la face nord du pic de Bure et la face est de Coste-Belle. Le secteur a été bien fouillé par les anciens. Le moindre trou est déjà marqué. La dépression, elle-même, est décevante. Les éboulis sont tels que des perspectives de trouver une cavité là dedans sont limités. En remontant sur Coste-Belle, Marc découvre une petite entrée qui donne immédiatement dans une vaste galerie. Il vient de redécouvrir la baume de Coste-Belle 1. Je découvre aussi cette cavité connue uniquement par sa topographie. En parcourant cette magnifique baume, je constate que les topographies d’exploration mériteraient d’être reprises tant elles sont peu représentatives. Les dimensions sont surprenantes pour une cavité superficielle. Mais ce qui étonne le plus est le dimensionnement du concrétionnement. Bien que l’érosion et la tectonique aient déjà largement contribué à la destruction des massifs stalagmitiques, les témoins restent très parlant. Une superbe stalagmite inclinée et intacte doit mesurer deux mètres de diamètre et six de haut. Nous en profitons pour faire une séance photo. Lors de la descente, malgré nos investigations, rien d’intéressant ne sera découvert. Marc souhaitant être de retour sur Gap rapidement, nous rejoignons le refuge pour ranger et redescendre à la voiture.

La stalagmite de la grotte de Coste Belle (photo : P. Bertochio)


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