2003 inventaire des siphons et pseudo-siphons des Hautes-Alpes

samedi 22 décembre 2012
par  Philippe BERTOCHIO

Cet article a été publié dans la revue "Info-plongée" N°90 de mars 2003

Emergence de la Fountarrasse

siphon amont (05.146.3) St Julien en Beauchêne

- 12/1988 : plongée du siphon amont. Développement sur 40 m, arrêt à - 12 m sur puits, la plongée en mono-bouteille ne permettant pas de s’engager plus dans un siphon qui se révèle alors beaucoup plus important qu’il n’y paraissait.
- 12/02/1989 : Développement sur 140 m, arrêt à - 35 m sur galerie remontante. Profondeur max. 43 m. Sherpas spéléos : Alain BERTOCHIO et François DANIERE.
- 1994 : F. Bernard, un plongeur du CRPS de Marseille atteint le terminus actuel à 410 m selon ses propos (Info-Plongée n°65) mais seulement 190 m après avoir changé les fils d’Ariane pour un fil étalonné. Porteur spéléo : Patrick BOLAGNO
- 4/02/1996 : visite jusqu’au terminus de F. Bernard (30’ et 43 m).
- 19/02/96 : mise en place d’un barrage de fortune pour évaluer le débit à l’étiage (1,5 m3/min).
- 27/04/1996 : changement du fil d’Ariane sur les 140 premiers mètres. Sherpa spéléo : Hervé LECLERE.
- 3/05/1997 : rééquipement du fil d’Ariane, développement total = 190 m. Terminus actuel sur étroiture dans une trémie avec possibilité de désobstruction. Un grand merci à Marie-Pierre MARTIN (Voconces-Briançon) pour sa précieuse aide au portage, sa bonne humeur et le grand réconfort de ses soupes pour un plongeur transi.
- 8/08/2000 : plongée en solitaire du siphon afin de commencer la topographie. Pour faire léger, je plonge en humide mais l’eau n’est toujours pas plus chaude. A 33 m, je commence à ressentir des picotements dans les mains qui remontent le long des bras. Je n’ai plus la sensation du froid. Dans le même temps, je suis pris d’une sensation de malaise. Sans attendre, redoutant une hypothermie, je remonte rapidement à – 9 m. L’effort me réchauffe un peu. Je finis les paliers et sors de l’eau. Une vingtaine de minutes après, alors que je me change, je suis pris de tremblements violents qui me font perdre l’équilibre et ne facilitent pas le déséquipement. C’est seulement en cours de portage, et j’avais trois voyages à faire, que je me réchaufferai définitivement.

Observations : ce siphon fait encore l’objet de visites pour la réalisation de la topographie et la tentative de désobstruction du terminus. A suivre…

Grotte de la Coumbe Braount

siphon terminal (05.123.2) La Roche des Arnauds

Plongé le 19/09/91, le siphon terminal se situe à -30 m de l’entrée et la galerie d’accès nécessite une bonne séance de contorsions, tant elle est étroite. Dans le siphon, la galerie est inclinée à 60° et le sol est couvert d’une épaisse couche de blocs très instables qui rendent la progression du type laminoir. La profondeur atteinte est -5 mètres avec visibilité à -10 m où un point bas se dessine. Malheureusement, l’instabilité des blocs et leur occupation de l’espace ne permettent pas de poursuivre l’exploration. D’ailleurs, en faisant demi-tour, j’ai accroché un bloc, ce qui a déclenché une avalanche sous-marine du plus bel effet sur ma production d’adrénaline. Sherpa spéléo : Vincent LACROIX

Chourum Daniel

(05.002.35) Agnières en Dévoluy

Tentative de plonger le 7/07/1994 le siphon terminal, à –235 m. L’étiage exceptionnel nous a amené sur un siphon presque vide au fond duquel, une étroiture (15 cm de diamètre) était colmatée de “lait de lune”. L’équipe de porteur était un peu amère, le plongeur déçu. Sherpas spéléos : membres du Chourum de Veynes.

Baume des Forcenés

(05.002.83) Agnières en Dévoluy

Plongé le 1/11/96 du pseudo-siphon de la galerie du Tiers Aval à –80 m de l’entrée. En fait, il s’agit d’un lac suspendu. Le fond du puits de 14 m est totalement occupé par l’eau. La mise à l’eau sur corde rend la plongée pimentée. Le fond du puits est totalement étanche et forme cette poche d’eau à niveau fixe grâce à une fissure où s’écoule le trop plein. La profondeur ne dépasse pas 3 m. Ce volume d’eau stagnante n’est pas coutumier du Dévoluy. Sherpas spéléos : Thierry RAY, Hervé LERCLERE.

Chourum Napoléon

(05.087.4) Montmaur

- 25/07/97, le siphon terminal du réseau de l’hydrologue se trouve à -162 m pour une entrée à 2500 mètres d’altitude. Heureusement, les techniciens du téléphérique, malgré la période de révision ont aimablement accepté de monter les trois sacs à dos, deux kits et le bi-bouteille aluminium (2x6,5L). Nous les en remercions vivement. A 10h sur le plateau, nous le traversons et entrons sous terre à 11h. Plongée à 13h pour tomber sur un siphon impénétrable à -4 m. En fait, le siphon est dû à une fracture très nette qui coupe la galerie perpendiculairement. D’après Daniel, ce genre d’accident tectonique est quasiment infranchissable et les possibilités de contournement presque nulles. Retour en surface à 17h. TPST : 6h. Sherpas spéléos : Marie-Pierre MARTIN (Voconces) et Daniel COLLIARD (LYON).

Grotte des Sarrasins

(05.119.1) Risoul

Plongée du 25/05/95 dans le siphon terminal. L’accès au siphon en néoprène est rendu pénible par un ressaut très étroit. Mais le choix de la zone d’équipement est limité à moins de s’équiper en opposition au-dessus du siphon. C’est une diaclase étroite et plongeante avec un gros dépôt de pierres d’abord venant du haut puis 4 m plus bas d’argile très rouge. A ce niveau, une planche de ski était plantée dans le talus et barrait le passage. En la retirant, une petite avalanche de pierre a franchement réduit la visibilité. A 6 m de profondeur, le talus d’argile ne permet plus le passage. Notons tout de même la présence de petites stalactites jusqu’à -4 m et une température inférieure à 8° donc sans relation avec la source chaude. Sherpas spéléos : David PIEPLU et Eric MALBRANCQ.

Balme Fenestra

(05.031.1) Champcella

Le 19/03/97, plongée du siphon terminal. Il ne s’agit encore une fois que d’une poche d’eau avec une accumulation importante d’argile : profondeur de 1 m pour un développement de 3 m. Mais une galerie devait se poursuivre car le terminus se fait sur un colmatage d’argile recouvrant une trémie. A noter, des « stalactites d’argile » certainement dues au dépôt d’argile sur des racines de buissons venus chercher de l’eau. Sherpa spéléo : Hervé LERCLERE

Chourum des Beaumettes

(05.139.109) Saint-Étienne en Dévoluy

Plongé le 22/07/98, le siphon terminal est à - 130 m de l’entrée. Paramètres de la plongée : prof. : - 0.5 m, dév. : 4 m. Arrêt sur engagement avec un seul bloc tenu à bout de bras dans un boyau particulièrement étroit. Aucune visibilité et c’est avec les coudes et les genoux que j’avance ou recule. Paix à l’âme de ma néoprène qui est restée là-bas (son âme, pas la combi !!). Portage et plongée en solo.

Chourum des Aiguilles

(05.002.1) Agnières en Dévoluy

- 29/11/98 : siphon terminal (-682 m) du chourum des Aiguilles. Une sortie épique avec 13 heures passées sous terre plus 2 fois 2 heures de raquettes. Le portage des bouteilles de plongée à la descente n’a pas suscité les jurons que l’on a pus entendre à la remontée. Tout ça pour réaliser une plongée de 1,5 mètres de profondeur et vingt mètres de longueur avec deux étroitures en voûte mouillante et une boite aux lettres en siphon. Ce n’est que dix mètres de mieux que la seule plongée qui avait été réalisée en 1978 par Frédo Poggia. Plongeur : Philippe BERTOCHIO. Sherpas spéléos : Stéphane ROGEAU, Christian KUPIEC, Didier GARREAU. Sherpas surface : David PIEPLU, Gilles CLAUSIER, Stéphanie BERGE, Sandrine ALLEVA.

- 16/06/99 : plongée du siphon terminal des Aiguilles (- 682 m). Touille et étroiture au rendez-vous. La touille plus importante qu’à la précédente plongée s’explique par la présence d’un plus grand nombre de spéléos, donc du nombre de bottes qui circulent dans le lit de la rivière. Je retrouve mon terminus et le touret mais deux mètres plus loin le laminoir ne laisse même pas passer mes bottes. Quelques blocs bien ronds sont coincés là. La suite n’est vraiment pas là. Déséquipement de la cavité jusqu’à - 300 m grâce aux pompiers. Sherpas spéléos : Evelyne LLUCH, Raoul DUROC, Hervé MAILLEU, Christian KUPIEC et les spéléos-pompiers de Grenoble. Voir le croquis page 6.

Puits des Bans

(05.138.1) Saint Disdier

- 27/07/99 : plongée du siphon 1 à - 217 m de l’entrée et visite de la galerie jusqu’au siphon 2 pour repérage. Nécessité d’une corde de 50 m pour un accès facile au siphon 2 avec portage. Plongée : P = - 4 m, D = 50 m. Sherpa : Christian KUPIEC (TPST = 5 heures)

- 26/02/2000 : siphon de la galerie des Gapençais. Le siphon se poursuit comme la galerie, en pente forte et étroite. Malheureusement, des blocs arrêtés par un pincement obstruent la suite. Latéralement, une autre galerie parallèle semble continuer mais elle est inaccessible vu le pincement de la galerie. Une désobstruction serait nécessaire, mais, du fait que la galerie est plongeante et étroite, l’espoir du siphon court suspendu s’évanouit. Comme la cote le laisse présager, ce siphon doit fonctionner avec le siphon 2 de la galerie principale. Météorologie : contrairement à toute attente et malgré la fonte de la neige depuis trois jours, les niveaux d’eau sont au plus bas. Plongée : Prof. = -5 m. Sherpas spéléos : Christian KUPIEC et Didier GARREAU.

- 17/07/2000 : siphon 1 et visite de la galerie jusqu’au siphon 2 pour y installer un Luirographe. Plongée : P = - 4 m, D = 50 m. Plongeur de soutien : Christian KUPIEC ; Sherpa spéléo : Didier GARREAU (TPST = 4 heures)

- 8/07/2001 : Plongée du siphon 1 avec Christian pour la récupération du Luirographe qui en fait est sous 7 mètres d’eau dans le siphon 2. Je plonge le siphon 2 jusqu’à la profondeur de -62 m mais je ne parviens pas tout à fait au terminus de F. Poggia qui avait bénéficié d’un niveau plus bas en 1981. A remarquer, des coulées de calcite sont encore présentes à - 22 m sous la surface (cote topo). Après vingt minutes de paliers de décompression, je ressors avec le Luirographe et les frissons d’usage dans de l’eau à 8°. Sherpas spéléos : Catherine REIGNIER, Flora, Maël, Gilles CLAUSIER, Didier GARREAU, Christophe PASCAL, Jean-Yves BIGOT. Plongeur de soutien : Christian KUPIEC.

- 12/07/2002 : plongée du siphon 1 et équipement des ressauts entre les deux siphons pour les portages futurs. Sherpa spéléo : Céline BROGGI.

- 18/08/2002 : plongée du siphon 1 avec Christian, portage du matériel et plongée du siphon 2 jusqu’à – 62 m au Trimix. Au-delà, la galerie se rétrécie de façon importante. La largeur reste la même mais la hauteur passe de 5 m à moins d’un mètre. Sherpas : Céline Broggi, Didier Garreau et Yves Terreneuve. Plongeur de soutien : Christian Kupiec.

Observations : ce siphon fait encore l’objet d’exploration et d’études (coloration, luirographe…). Merci de prendre contact avec l’auteur.


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